Élisabethville, une cité de villégiature en bord de Seine

Élisabethville, «la plus belle cité jardin de la grande banlieue parisienne », est née à l’aube des années vingt. Ce fut un succès. Le rêve s’achève au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Á Aubergenville, à 40 km de Paris sur la ligne de Paris-Mantes-Evreux, au bord de la Seine, le domaine de la Garenne est loti entre 1921 et 1928 par une société franco-belge, « La Prévoyance Mutuelle Française ». En 1927, la Reine Elisabeth accorde son parrainage au lotissement qui prend le nom d’Élisabethville. Un monument de l’amitié franco-belge, sculpté par Carlo Sarrabezolles, inauguré en 1928, commémore cette participation.

C’est son plan radioconcentrique, œuvre de l’architecte Charles Édouard Sée qui fait son originalité ainsi que sa plage artificielle aménagée, en 1929, par Paul Tournon. Elle n’est aujourd’hui qu’un souvenir.

Entre la gare et la plage, l’hôtel Le Giboin est incontournable pour les baigneurs, tout comme le Casino-théâtre. Après la guerre, le Casino est équipé d’une salle de cinéma et reconverti en temple protestant. Un kiosque à musique, en ciment armé, subsiste toujours dans la réserve à gibier, ainsi qu’une ferme modèle.

Une rue commerçante jalonnée de maisons-boutiques traverse la ville.

C’est l’Eglise Sainte-Thérèse-de l’Enfant-Jésus, construite en 1927 qui suscite l’admiration des contemporains.

Vitraux de l’église d’Élisabethville  © Région Île-de-France, L. Kruszyk, 2013, ADAGP

L’édifice est une prouesse architecturale, de Paul Tournon sculptée sur le ciment frais par Carlo Sarrabezolles, la ferronnerie est de Raymond Subes et les vitraux de Marguerite Huré. C’est Elisabeth Branly Tournon qui est chargée de la décoration des murs du baptistère. Traitée en monument votif, l’iconographie de l’église est un hymne à l’amitié franco-belge.

Paul Tournon dessine  aussi les plans de l’école Reine Astrid construite en 1935.

L’arrivée des usines Renault en 1945 marque un tournant définitif dans la vie de la cité balnéaire qui perd son statut de station de villégiature. C’est l’architecte Bernard Zehrfuss qui met en place les plans d’une usine moderne, et réalise des maisons sur pilotis destinées à loger les cadres.

Habitat sur pilotis de l’architecte Bernard Zehrfuss
Habitat sur pilotis de l’architecte Bernard Zehrfuss   © Région Île-de-France, L. Kruszyk, 2013, ADAGP
Patrimoine urbain
19e siècle
20e siècle