L'Ile-de-France, un autre patrimoine : une ruralité méconnue

Le territoire francilien est composé à 70% de forêts et campagnes : un patrimoine naturel et culturel riche. C'est cette ruralité qui est abordée par Judith Förstel, conservatrice du patrimoine à la Région Île-de-France, dans un article publié dans la récente publication "L'Île-de-France, un autre patrimoine". Découvrez-en un extrait.

L’ouvrage L'Île-de-France, un autre patrimoine s'appuie sur 40 années de recherche à l'inventaire général, et invite à découvrir ou redécouvrir les mille et une facettes du patrimoine francilien : ses églises gothiques et ses châteaux Grand Siècle, mais aussi ses aérogares, ses stades, ses cités-jardins et ses villes nouvelles, en passant par ses paysages de bord de Seine ou ses villages de caractère, qui ont inspiré les grands peintres du XIXe siècle. Découvrez tous les mois un extrait de chaque thématique abordée dans l’ouvrage. 

Une ruralité méconnue

On l’oublie souvent : l’Île-de-France est composée à 70 % de campagnes et de forêts. Si le centre de la région est marqué par le sceau de l’urbanisation, sa périphérie conserve un patrimoine rural riche d’une longue histoire. L’exploitation des fertiles sols franciliens est en effet très ancienne. Les découvertes archéologiques ont révélé l’existence de nombreux sites néolithiques et de multiples fermes gauloises devenues des villages à l’époque romaine. Les plus anciens édifices agricoles visibles aujourd’hui remontent au Moyen Âge. Ils appartenaient souvent à des établissements monastiques : les granges dîmières de Vaulerent ou de Tremblay, les fermes fortifiées de Grandpuits ou d’Esmans, la commanderie templière de Coulommiers rappellent le rôle de l’Église dans la mise en valeur du territoire à l’époque médiévale.

La qualité des terres franciliennes et la présence d’un marché parisien, qui constitue un ventre jamais rassasié, ont contribué à l’essor d’une agriculture céréalière intensive encore très présente en grande couronne, tout particulièrement dans la Beauce, la Brie ou la plaine de France. Mais Paris ne mange pas que du pain : la proximité de la capitale a aussi entraîné le développement d’activités maraîchères et horticoles réclamant parfois un savoir-faire très particulier, dont témoignent les murs à pêches de Montreuil, les murs à chasselas de Thomery ou de Maurecourt. Le développement agricole de l’Île-de-France a donné naissance au type architectural bien connu de la ferme à cour fermée, autour de laquelle s’organisent le logis et les diverses dépendances : grange, étable, bergerie, pressoir, etc.

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